Le 15ème jour du mois - Octobre 2017 - 267

Le 15 e jour du mois mensuel de l’Université de Liège 267 octobre 2017 www.ulg.ac.be/le15jour 2 à la une P our le premier vice-rec- teur Éric Haubruge, à l’initiative de la “Semaine de l’en- seignement”, nous sommes à la croisée des chemins. « Le modèle actuel est ébranlé, d’une part parce que des forma- tions existent en dehors des structures officielles et, d’autre part, parce que les métiers de demain sont à inventer. Ils requerront probablement davantage de capacités à apprendre que de diplômes… » À modèle nouveau, réponses plurielles et originales. Et si bon nombre de professeurs ont déjà repensé leurs méthodes et modifié leurs cours, l’objectif des trois journées est de proposer des échanges, des espaces de rencontres et de réflexions sur les “bonnes pra- tiques” mises en place çà et là, ainsi que de recueillir et de partager entre pairs les idées, les ambitions, voire les rêves des enseignants. RICHESSE DES INTERACTIONS Manifestement, la génération baptisée “Y” ou encore “milléniale” (née entre 1980 et 2000) se différencie de ses aînées en ce sens qu’elle a grandi avec les nouvelles technologies. Ce sont des digital natives ! Non seulement internet et les réseaux sociaux font partie de leurs réflexes, mais en outre cette génération a accédé de manière précoce à une grande autonomie. Le changement ne lui fait pas peur : il fait partie de son quotidien. Comment les jeunes vont-ils alors acquérir les connaissances, en sachant qu’ils se démarquent aussi de leurs parents – et de leurs maîtres – en souhaitant modifier dura- blement la société dans laquelle ils vivent ? « Les paradoxes sont étonnants , explique Robert Charlier, président de l’Ifres et coorganisateur de la manifestation. Alors que le web leur permet de travailler de manière indépendante devant leur écran, ils sont légion à s’installer dans les biblio- thèques pendant la bloque et ils restent davantage dans les salles de cours après ceux-ci. Aux réseaux sociaux (qu’ils utilisent énormément), ils préfèrent les interactions humaines et leur démarche est cer- tainement plus collaborative qu’auparavant. » Les universités ont donc encore de beaux jours devant elles, mais elles doivent réinventer leurs méthodes, incorporant progressivement les pédagogies innovantes [voir ci-contre, quelques exemples], lesquelles permettent des interactions rapides avec le savoir, avec d’autres étudiants, d’autres intervenants. Les autorités ont d’ailleurs décidé des investissements en ce sens [voir la pré- sentation du plan stratégique page 15]. L’objectif de ces quatre jours “de pause” n’est pas de proposer des leçons de pédagogie, mais de mutualiser des éclairages novateurs, originaux, sur ses propres expertises. Ateliers et séances plénières rythmeront ainsi les journées consacrées à trois thématiques principales : le décloisonnement des cursus, les nouvelles technologies, le métier de pro- fesseur à l’Université. AU PROGRAMME « Concevoir des cours plus interdépendants, mettre en évidence les ponts entre disciplines cela augure d’une construction plus globale du savoir, mieux intégrée », expose Robert Charlier. Qui de mieux pour évoquer le décloisonnement que le Pr Patrick Aebischer, président de l’École poly- technique fédérale de Lausanne (EPFL) jusqu’à l’an dernier ? « En 2000, Patrick Aebischer a introduit les sciences de la vie au cœur des sciences de l’ingénieur, résume Éric Haubruge. Il a travaillé de concert avec les entreprises locales. Auprès des académiques, il a soutenu les projets de recherche interdisciplinaires et, globalement, a développé des structures horizontales. Son impulsion a été décisive pour hisser son École au rang d’université de premier plan. » Il ouvrira les débats le mercredi 22 novembre avec une com- munication sur “Les nouvelles technologies : une opportunité pour promouvoir le décloisonnement des universités?”. Plusieurs témoignages de “décloi- sonnement” nourriront ensuite les échanges et l’on parlera de scénarisation nouvelle, combinaison de disciplines et classes inversées, notamment. Les nouvelles technologies constitueront un autre temps fort de ces rencontres, l’occasion de cerner leur pertinence et de mettre en avant les outils made in ULiège . Les MOOCs par exemple. « Non seulement ces cours en ligne peuvent toucher un très large public, mais ils constituent des outils inté- ressants pour concrétiser les “classes inversées” : l’étudiant visionne la matière et vient au cours avec des questions, des remarques, etc. L’échange est alors plus fructueux et l’apport du professeur, indé- niable », souligne le Pr Charlier. Des ateliers seront animés par des chercheurs ayant une expertise dans le traitement de l’image, de la réalité virtuelle et de la simulation numérique. Le service général d’informatique (Segi), le réseau des bibliothèques et l’administration des ressources immobilières (ARI) viendront aussi faire montre de leurs réalisations et projets à disposition des enseignants. Last but not least , des tables rondes avec des étudiants sont prévues afin d’écouter leurs desiderata , leurs avis sur les formations. semaine de l’enseignement 4 jours pouroser Comment enseigner aujourd’hui à l’Université ? L’interrogation – un peu iconoclaste au sein de l’ Alma mater – a le mérite de faire prendre conscience de l’évolution de la profession. De nos jours, transmettre les connaissances ne coule plus de source et l’accord tacite autour de l’école n’est plus. La société a changé, le rapport au savoir a évo- lué, les relations entre les étudiants et les maîtres se sont modifiées. Ces bouleversements questionnent et pas- sionnent tour à tour. L’ULiège pro- pose de donner la parole à tous ses enseignants le temps d’une “semaine de l’enseignement”, du 21 au 24 novembre prochains. Avec audace. Cellule ecampus-Ifres

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