Novembre 2014 /238

VentureLab

Un incubateur pour étudiant entrepreneur

Que reste-t-il des idées développées lors d’événements comme les “Startup Weekends” une fois le soufflé retombé ? Comment donner une suite à un travail de groupe élaboré dans le cadre de cours ? Comment s’y prendre pour concrétiser un concept génial lorsqu’on n’a pas encore obtenu son diplôme ? Pas simple de se projeter dans l’entreprenariat lorsque l’on est toujours étudiant ou fraîchement embarqué dans la vie active. Certains jeunes ne manquent pourtant ni d’ambition ni de projets. Mais souvent, ils se laissent emporter par une confortable carrière de salariés, par obligation financière d’une part, et par manque de structure adéquate pour les épauler lors de leurs premiers pas, de l’autre.

Epauler les initiatives

Pour Bernard Surlemont, professeur d’entreprenariat à HEC-ULg, il subsistait jusqu’à présent un chaînon manquant, un “service après-vente” qui donnerait aux jeunes la possibilité de développer leur business en gestation. C’est précisément ce que le VentureLab envisage de devenir. En activité depuis le début de la rentrée académique, cette structure s’est installée dans un immeuble de la rue Louvrex, à côté de HEC. « Il s’agit d’un ensemble cohérent qui cible les étudiants et les jeunes diplômés, résume Bernard Surlemont. Nous nous situons en amont des guichets d’accompagnement tels Job’in, LeanSquare ou WSL, qui s’adressent à des personnes déjà bien avancées dans leur projet.»

Les jeunes sont sélectionnés par un comité, et leur avancement est évalué chaque trimestre. L’endroit est pour l’instant fréquenté par les membres du programme “HEC-ULg Entrepreneurs” ou bénéficiant du statut d’étudiant-entrepreneur, mais il est ouvert à tous ceux qui suivent un cursus à l’Université ou dans une Haute-Ecole du pôle académique Liège-Luxembourg, quelle que soit la filière, pourvu qu’ils manifestent une bonne dose de motivation. « Nous sommes là pour coacher, pas pour cocooner ! », prévient le Pr Surlemont.

Le VentureLab fonctionne comme un “écosystème”, proposant différents services : des entrepreneurs en résidence disposés à consacrer un jour par semaine pour dispenser des conseils (Luc Pire, Philippe Woitrin et Hubert Brogniez ont déjà répondu à l’appel) ; des “chèques entrepreneurs”, donnant droit à une heure de consultation gratuite, voire de futures vitrines à projets, que les propriétaires de cellules commerciales vides adjacentes mettraient à disposition des étudiants pour exposer leur travail. Sans oublier l’accès à différentes manifestations et conférences, la possibilité de recevoir des clients potentiels dans un lieu professionnel et la disposition d’un cadre pour travailler, etc.

Dans la vie réelle

Le tout gratuitement… ou presque. « L’intégration dans l’incubateur coûte environ 200 euros par mois. Si le projet est arrêté, s’il échoue, on remet les comptes à zéro. Cette somme n’est transformée en dette que lorsque l’entreprise est créée et qu’elle devient rentable, détaille Bernard Surlemont. Nous ne voulions pas offrir un accompagnement, nous prenons le risque avec eux et c’est une manière de les responsabiliser. »

Et également de diversifier à terme les sources de financement de l’accompagnateur de start-up. Car, comme dans tout projet entrepreneurial, rassembler des fonds reste le principal défi. « Pour le moment, nous travaillons avec des sponsors et des fondations et nous avons sollicité des fonds structurels européens. Nous envisageons aussi un appel à donateurs », explicite le professeur.

Dans un an ou deux, le VentureLab devrait déménager dans les sous-sols de la galerie Opéra, récemment acquis par l’Université. Une cinquantaine de jeunes pourront alors bénéficier des services de l’incubateur. Pour Bernard Surlemont, il s’agit d’un projet-pilote, lequel pourrait être dupliqué au Luxembourg et peut-être à Namur. L’objectif étant d’essaimer pour construire un réseau.

VentureLab

Inauguration le 21 novembre à 10h, rue Louvrex 14 (local 050), 4000 Liège.

Contacts : courriel b.surlemont@ulg.ac.be, site www.venturelab.be

Mélanie Geelkens
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