Février 2016 /251

Former tout au long de la vie

Vers un incubateur des métiers à l’ULg

La société se transforme, le monde du travail aussi. Face aux  modifications techniques, technologiques et comportementales, les entreprises, les associations et le secteur public doivent désormais – et toujours davantage – inclure les changements dans leur mode de fonctionnement. 90% des chefs d’entreprise sont conscients des changements majeurs qui interviendront, d’ici 2020, dans les métiers de leurs équipes. De façon corollaire, le personnel, lui aussi, sera confronté à de multiples modifications, voire à la transformation radicale de son emploi. Permettre à chacun de rebondir – et donc de se former – est aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de l’enseignement supérieur.

DYNAMIQUE

HaubrugeEricDans cette optique, l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) a récemment lancé un appel à projets pour créer des structures collectives d’enseignement supérieur. À l’heure actuelle, il existe deux organismes de ce type, l’un à Charleroi, l’Open University, l’autre dans la région de Tournai, l’Eurometropolitan e-campus. « À Liège, explique le premier vice-recteur Éric Haubruge, nous avons décidé de mettre en place pour le bassin industriel liégeois un “incubateur des métiers”, soit une structure collective qui s’adresse aux détenteurs d’un bachelier. » Il sera installé dans les locaux de la chaufferie réaménagée du Val-Benoît, à côté de la Cité des métiers. Les partenaires de ce projet sont l’université de Liège, les Hautes Écoles, les Écoles de promotion sociale et le Forem.

L’idée est de créer une dynamique pour accompagner les nouveaux besoins des entreprises et concevoir les formations adéquates. Et le premier vice-Recteur de mettre en avant deux atouts : « La grande facilité d’accès à l’information et la variété des types de formation dessinent un cadre favorable à l’apprentissage tout au long de la vie ; par ailleurs l’essor du numérique et du télétravail, la fréquence du travail temporaire, l’amplification de l’entrepreunariat, etc., constituent un contexte économique propice à l’émergence de nouvelles façons d’apprendre. Toutes ces modifications invitent, incitent à envisager la formation sur le mode du continuum. » À l’évolution des métiers doit correspondre l’évolution des études et des formations.

« À l’écoute des besoins du monde économique et social, l’ULg et ses partenaires de l’enseignement supérieur concevront de nouveaux modules de cours, de nouvelles formations basées sur des compétences transversales et techniques. Si, après une période d’essai de trois ans, les nouveaux cursus répondent aux attentes et attirent les étudiants, on pourra aussi les intégrer dans un master existant, voire, à long terme, élaborer un master spécifique consacré à ce nouveau domaine. » Un exemple ? L’automatisation intelligente, une filière relevant plus particulièrement de la faculté des Sciences appliquées, que l’on pourrait aussi proposer aux mathématiciens et aux physiciens. « Un certificat pourrait être conçu à leur intention afin de leur donner une spécialisation supplémentaire, tout en palliant l’actuel manque de ressources humaines sur le marché pour des sociétés d’intégration industrielle comme Citius Engineering SA ou Technord SA », résume Éric Haubruge. De même, un certificat en “entrepreunariat” pourrait être conçu à destination de tous les inventeurs en herbe, quelle que soit leur formation initiale.

L’incubateur des métiers se place d’emblée au service du redéploiement régional. « En phase avec les atouts de notre bassin de vie, nous avons déterminé quatre domaines d’action prioritaires : la santé, le génie mécanique et logistique, l’eau et la construction durable. Tous ces secteurs sont en mutation et offriront des débouchés aux diplômés de demain », conclut Éric Haubruge.

ALUMNI

Au profit de la région, l’incubateur sera aussi au service des alumni de l’ULg. Qu’ils soient à la recherche d’un emploi, qu’ils souhaitent se perfectionner au cours de leur carrière ou réorienter durablement celle-ci, tous les diplômés pourront se tourner vers leur Alma mater afin d’actualiser leurs connaissances et d’évoluer dans leur parcours professionnel (notons que des formations transversales sont déjà proposées par le Suivi des alumni)*. Interagir avec ses “anciens” s’avère désormais indispensable à l’Institution. Car « tous les alumni pourraient également nous sensibiliser aux besoins de leurs secteurs, explique Élisabeth Waltregny, du Suivi des alumni. Et constituer ainsi une sorte de veille en matière de nouvelles formations. »

* Nouveau répertoire en ligne sur www.ulg.ac.be/alumni

Patricia Janssens
Photo : AMAP
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