February 2017 /261

Connexions à décoder

Semaine internationale du cerveau

Notre cerveau ne fonctionne que par connexions et c’est ce qui en fait la complexité. Les connexions sont précisément le thème de la “Semaine internationale du cerveau”, en prélude au Printemps des sciences 2017 intitulé “Tous connectés”. Elle se déroulera du 13 au 18 mars prochains et donnera cette fois encore l’occasion d’y voir plus clair sur cet organe bien mystérieux, et ses maladies.

Depuis 2005, c’est un rendez-vous annuel qui prendra de nouveau place à l’université de Liège : la manifestation vise en effet à promouvoir et à divulger la recherche sur le cerveau à un vaste public, du plus jeune au plus averti. Lancé en Belgique par le Belgian Brain Council, cet événement majeur s’articulera autour de différentes activités à Liège. Le Pr honoraire Jean Schoenen, codirecteur de l’unité de recherche sur les céphalées à l’hôpital de la Citadelle à Liège et fondateur du Belgian Brain Council, fait partie des chevilles ouvrières de la manifestation.

CerveauCONNECTOME

Si le thème “Tous connectés” peut de prime abord laisser penser qu’il sera essentiellement question d’internet, de réseaux sociaux et autres objets connectés, ce ne sera néanmoins qu’une petite partie des interventions. « Nous avons misé sur l’idée de connexion, car le cerveau fonctionne par connexions, entre ses différentes zones, explique le Pr Schoenen. Tout comme le “génome”, projet qui consistait à décrypter les gènes, il y a désormais le “connectome” qui a pour but de découvrir et comprendre les principales connexions s’opérant dans le cerveau. Ce projet implique de nombreuses équipes de recherche à Liège et à travers le monde. »

Ce qui rend cette étude des connexions particulièrement fascinante, c’est le fait que le cerveau est un organe éminemment plastique : il a pour spécificité de s’adapter en permanence. Il modifie ses connexions par exemple avec l’âge, les apprentissages, les comportements, les médicaments… et bien sûr les maladies. Il s’agit donc d’un organe en permanente mutation, particulièrement performant et difficile à analyser. Parmi les nouvelles techniques d’exploration du cerveau, l’une d’entre elles permet de mieux étudier les réseaux neuronaux chez l’animal : l’optogénétique. « Des récepteurs à la lumière couplés à des canaux ioniques sont incorporés dans les membranes des neurones, explique le professeur. En les soumettant à la lumière, les neurones s’activent, ce qui permet de comprendre leur fonction. Cette technique a permis des progrès considérables dans la compréhension des fonctions d’ensembles neuronaux et de leurs connexions chez l’animal vivant. Chez l’homme, c’est indubitablement l’imagerie cérébrale, et en particulier les différentes techniques de résonance magnétique nucléaire (RMN) qui sont à la base de nos connaissances sans cesse croissantes sur le connectome. »

COMPRENDRE POUR TRAITER

Les techniques d’imagerie cérébrale aident à comprendre les situations où les connexions ne se produisent pas de manière structurée ou normale, ce qui peut participer à l’émergence de pathologies. « Dans différentes maladies neurologiques et psychiatriques – et même en dehors de lésions morphologiques – ainsi que dans les cas de coma, d’état végétatif ou encore dans des troubles particuliers comme l’autisme, on constate des défauts dans les connexions. Mieux comprises, elles sont susceptibles d’être traitées, par exemple par des moyens non invalidants, comme la neuromodulation. Des stimulations électriques ou magnétiques à travers le scalp peuvent alors modifier l’intensité des connexions entre différentes zones cervicales. » Plusieurs symptômes de pathologies – telles que la schizophrénie, les migraines, la dépression, les troubles comportementaux, les douleurs chroniques, voire la maladie de Parkinson ou les AVC – sont potentiellement modifiables par ces techniques.

Ce champ des neurosciences fondamentales et cliniques sera détaillé lors des différentes activités prévues du 13 au 18 mars. L’occasion d’établir de nouvelles connexions dans nos cerveaux !

La Semaine internationale du cerveau

Du13 au 18 mars, à l’Institut de zoologie, quai Van Beneden, et au Sart-Tilman. Parmi les nombreuses activités, citons notamment :

  • Le “café des sciences”, le 15 mars. Exposé de Steven Laureys (Giga-Consciousness) : “Les syndrômes de dysconnexion cérébrale”. Des spécialistes en neurologie et en psychiatrie répondront également aux questions sur les TOC, la maladie de Parkinson, les AVC, les épilepsies, les migraines, la sclérose en plaques, les troubles de l’attention et l’autisme.

  • Conférence du Pr émérite Marital Van der Linden intitulée “ Aborder autrement les défis liés au vieillissement cérébral”, le jeudi 16 mars à 18h30, à l’Espace ULg-Opéra, place de la République française 47, 4000 Liège

  • Une journée portes-ouvertes au Giga-Neurosciences (CHU Liège), le 18 mars.


* informations, tél. 04.366.96.96, courriel sciences@ulg.ac.be, programme complet http://sciences.ulg.ac.be/cerveau/




Carine Maillard
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