Décembre 2017 /269

De la fourche à la fourchette

Le Center for Analytical Research and Technology (CART) est une plateforme analytique. Créé en 1999, il regroupe neuf unités de recherche des facultés des Sciences, de Médecine vétérinaire, du GIGA ou encore de Gembloux Agro-Bio Tech. Il vient d’être reconduit, pour la période 2017-2021, en qualité de laboratoire national de référence pour les dioxines et les PCB dans les denrées alimentaires.

EppeGautier« Le CART a vu le jour en pleine crise de la dioxine, en 1999, à l’initiative de quatre professeurs des facultés des Sciences et de Médecine vétérinaire, se remémore Gauthier Eppe, professeur de chimie analytique (unité de recherche MolSys). Il s’agissait alors de monter rapidement un laboratoire d’analyse performant et accrédité afin de répondre aux diverses questions que se posaient les autorités publiques face à l’ampleur de cette contamination dont on ne connaissait rien et qui a affecté dramatiquement l’image de marque des produits alimentaires, plus particulièrement ceux d’origine animale. »

Quelques années plus tard, en 2007, le CART a été désigné en tant que laboratoire national de référence par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Après une décennie, il remporte l’appel d’offre européen et est reconduit dans ses tâches pour les quatre prochaines années. « Aujourd’hui, nous figurons parmi un ensemble de laboratoires nationaux de référence », relève le professeur. Le CART est l’unique laboratoire académique belge dans ce réseau*.

« Cette reconduction – belle vitrine pour notre Université – implique de notre part une série d’objectifs particuliers, résume le Pr Eppe, l’animation d’un réseau de laboratoires agréés et accrédités ISO 17025 (la norme qui s’applique aux laboratoires d’étalonnage et d’essai), par exemple, ce qui passe par la réalisation de tests interlaboratoires, sorte de retour technique sur les performances à l’adresse de l’Afsca, notre “autorité de tutelle” ». Autres tâches pour le CART : développer et mettre au point de nouvelles méthodes d’analyse de polluants émergents et assurer des formations à leur propos.

La bonne exécution de cette mission de coordination a permis de maintenir une équipe expérimentée. « L’Afsca nous octroie une subvention à hauteur d’un scientifique et d’un technicien de laboratoire à mi-temps », précise Gauthier Eppe.

« Nous faisons également partie du réseau européen de laboratoires nationaux de référence, poursuit-il. Nous répliquons à un échelon supérieur, ce qui se fait au niveau national même si, avec le temps, notre terrain d’étude s’est élargi : nous y incluons désormais les retardateurs de flammes bromés, que l’on retrouve dans les textiles, les plastiques ou certaines mousses, ou encore les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), potentiellement génotoxiques et cancérogènes. » Il faut aussi y ajouter, maintenant, les composés néoformés indésirables comme le furane ou l’acrylamide (un produit qui se forme naturellement dans certains aliments lorsqu’ils sont rissolés ou frits, tels que les chips ou les frites).

À ce niveau, les discussions portent également sur l’impact de nouvelles normes ou dispositions réglementaires, voire sur les stratégies analytiques que souhaite appliquer la Commission. « Nous remettons un avis technique », précise le Pr Eppe. Et de poursuivre : « Pour ma part, j’ai eu l’honneur de présider un groupe de travail ad hoc qui a conduit à la publication d’un guide de référence européen sur l’estimation des incertitudes de mesure. Publié au début de cette année, il s’adresse à tous les laboratoires dioxines des 28 pays européens. »

* À côté d’institutions publiques comme l’Institut scientifique de santé publique (ISP), le Centre d’étude et de recherches vétérinaires et agrochimiques (Cerva-Coda) ainsi que le Centre d’économie rurale (CER).

Pierre Demoitié
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