Mai 2011 /204

Jacques Duchesne-Guillemin

DuchesneGuilleminJacquesNé à Jupille le 21 avril 1910, Jacques Duchesne, qui adjoindra à son nom celui de son épouse, Marcelle Guillemin, vient de fêter ses 101 ans. C’est en 1931 qu’il obtient son doctorat en philologie classique à l’université de Louvain, sur un sujet de grammaire comparée des langues indo-européennes. Ce travail lui vaut d’obtenir une bourse de voyage, grâce à laquelle il effectue un séjour de deux ans à Paris. Il y rencontre les maîtres qui font alors la renommée de la linguistique et de l’orientalisme français parmi lesquels Émile Benveniste, dont le génie et l’aura décident de sa vocation d’iraniste. Il étudie en profondeur les dialectes iraniens les plus anciens, le vieux-perse et l’avestique, qui resteront toujours sa matière maîtresse. Le fruit de ce séjour, Les Composés de l’Avesta, paraîtra en 1936.

De retour en Belgique, Jacques Duchesne-Guillemin intègre le FNRS et est attaché à l’université de Liège, où il collabore avec Auguste Bricteux qui l’introduit à l’étude de l’Iran islamique, l’initiant ainsi à l’arabe et au persan. C’est le décès prématuré de ce dernier, en 1937, qui lui offre l’opportunité d’entamer une carrière d’enseignant. D’abord chargé de cours, il devient professeur en 1943, puis professeur ordinaire en 1964. Il accède à l’éméritat en 1980.

Il s’impose comme l’une des figures majeures des études avestiques à partir de 1948, lorsqu’il publie son Zoroastre, une traduction des Gāthās de l’Avesta qui est le point culminant – mais aussi le grand acte final – de la méthode iranologique traditionnelle. D’autres ouvrages de synthèse suivront et sa reconnaissance internationale atteint son sommet lorsque, en 1973, il est nommé rédacteur en chef de la série Acta Iranica. En 1974, il est fait docteur honoris causa de l’université de Téhéran. Figure de référence de la méthode traditionnelle des études avestiques, Jacques Duchesne-Guillemin a incarné la synthèse des connaissances de sa génération et a incontestablement revêtu la chaire qu’il occupait d’un prestige considérable.

Jean Winand

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