Février 2013 /221

Du charme de la lecture…

AncionNicolasDu 6 au 10 mars prochains se tiendra à Liège le premier Festival international de lecture. Parrainé par l’écrivain et poète François Cheng, son objectif premier est de replacer la parole au coeur de la ville et mettre à l’honneur le texte et sa mise en voix. Véritable vivier en la matière, l’ULg ne pouvait qu’y prendre part.

Photo : Nicolas Ancion, licencié en philologie romane de l’ULg (1993).

Il était une fois, en plein coeur de la Cité Ardente, trois “agents de contamination positive” comme ils se plaisent à se faire appeler. Le Forum de Liège, les Ateliers d’art contemporain et Arteco, tous trois firent le pari un peu fou de donner vie aux textes en les lisant et en les disant, de s’atteler à faire résonner, cinq jours durant, les oreilles de tous les habitants de la Principauté – des plus jeunes aux plus matures, des plus novices aux plus avertis – et ce à l’aide de mots de toutes sortes. Naissait ainsi le premier Festival international de la lecture.

« Nous avons pu constater qu’à Paris, par exemple, il est désormais courant que des comédiens montent sur scène afin de lire des textes littéraires. Il y a un certain enthousiasme pour le texte livré sans autre intermédiaire que la voix humaine. Nous avons donc voulu amener cela à Liège, évoque la directrice artistique et coordinatrice Vanessa Herzet. Mais parce que les habitudes de lecture ont changé, ce festival se veut avant tout un événement de sonntemps, c’est-à-dire ouvert aux pratiques actuelles de lecture et d’écoute. » Précisément, à l’heure d’internet, des livres et bibliothèques numériques, ce type de manifestation ne peut-il pas sembler quelque peu audacieux ? « Sans doute, bien que dès le départ l’engouement ait été énorme. Et puis, la lecture de texte mis en voix est une expérience particulière à la fois intime et collective, un moment unique de partage qui rappelle ce plaisir enfantin d’entendre un parent nous raconter une histoire, plaisir auquel on ne peut pas accéder seul face à son ordinateur. »

Outre ses têtes d’affiche comme Jean-Louis Trintignant ou Francis Huster programmées au Forum, le festival s’éparpillera aux quatre coins de Liège, dans des lieux traditionnellement dédiés à la culture mais également dans des endroits plus insolites comme les cafés, les hôtels, les bus, les lieux de culte ou l’espace public. Une manière, comme l’évoque Vanessa Herzet, de « rompre avec le quotidien et amener le plaisir des textes jusqu’au badaud qui se promène en rue ».

Intéressée par la culture au sens large, l’ULg ne pouvait qu’accueillir une telle initiative les bras ouverts. « L’Université s’intègre dans le festival de deux manières. Tout d’abord, à travers l’organisation de différents événements dans les salles des professeurs, Gothot, Wittert et TURLg. Ensuite, à travers les auteurs et poètes liés de près ou de loin à l’Université, tels que notamment Daniel Charneux, Agnès Dumont, Line Alexandre, Karel Logist, etc. Le but est surtout d’y amener les jeunes, de leur permettre de franchir le seuil d’une institution hautement symbolique d’un point de vue culturel », confie Vanessa Herzet.

A l’ULg, la programmation s’étalera sur deux jours, les 7 et 8 mars, et se veut aussi riche qu’éclectique. Il y sera question d’existentialisme, de lectures bilingues, de poèmes en néerlandais, d’histoires en anglais, de livres et d’auteurs contemporains étrangers, belges et... liégeois. Certains sortent tout droit de notre Alma mater !

Martha Regueiro

Programme complet sur le site http://lesparlantes.be

Au programme à l’ULg

le jeudi 7 mars :
- 10h30 au TURLg : “Existentialisme : la nausée... puis la chute”, de Jean-Paul Sartre à Albert Camus, lu par Christian Crahay
- 13h30 à la salle Gothot : “Le garçon qui avait avalé son lecteur mp3”, de et lu par Nicolas Ancion
- 15h à la salle des professeurs : Luik/Anvers, lecture bilingue de poèmes de Hilde Keteleer et Caroline Lamarche
- 16h30 à la salle des professeurs : Halat Hissar (Etat de siège), de Mahmoud Darwich, lu par Jamil Bahri

le vendredi 8 mars :
- 13h30 au TURLg : Hygiène de l’assassin, d’Amélie Nothomb, lu par François Sikivie
- 15h à la salle Wittert : “Short Stories : Ray Bradbury and Allan Poe”, lues par des native speakers de l’Institut supérieur des langues vivantes (ISLV)

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