Avril 2013 /223

L’Institut Montefiore collabore à un projet innovant d’éclairage public

GEPPADISi la réponse apportée au problème de “Gestion de l’éclairage public de parcs d’activité durable et intelligente” (Geppadi) n’est pas l’oeuvre de la seule unité de recherche “Electronics, Microsystems, Measurements and Instrumentation” (Emmi), sa contribution constitue néanmoins bien la principale avancée technologique de ce projet : l’électronique de commande et de modulation de l’éclairage. Soit le “g” de gestion et surtout le “i“ de intelligente. Car si assembler des éléments connus, comme des leds ou le thixoformage (mise en forme de pièces métalliques à partir de l’état semisolide), promet la réalisation d’un dispositif déjà performant, autonomiser chaque unité d’éclairage, schématiquement chaque pylône, était l’étape suivante à franchir. C’est l’impulsion qu’a donnée le Pr Jacques Destiné à trois chercheurs de l’unité : Guy Lejeune, Etienne Michel et Matthieu Remacle.

L’idée de départ est presque simple : investir chaque point d’éclairage d’une intelligence locale afin que la lumière se règle en fonction des besoins. Grâce à des capteurs judicieusement placés, la chose est possible. Les capteurs sont de deux types : d’une part, un infrarouge qui détecte une présence et détermine s’il s’agit d’un véhicule ou d’un piéton; d’autre part, un Doppler qui évalue le sens et la vitesse de déplacement. La communication entre pylones voisins est le troisième ingrédient fondamentale. « Sur base des signaux fournis par les capteurs d’un luminaire et de l’information transmise par ses voisins, il est possible de créer une zone de lumière qui accompagne un mobile, les cellules d’éclairage s’allumant successivement devant le véhicule et s’éteignant derrière lui », précise le Pr Destiné.

En combinant la technologie des leds, déjà peu gourmande en énergie, à cet allumage adapté aux besoins, il est possible de diminuer la consommation électrique de près de 80 %, un argument qui ne manque pas de poids et devrait intéresser tant les pouvoirs publics que les industriels. Un brevet protégeant cette technologie a d’ailleurs été déposé.

Un tronçon-pilote de 60 mâts est actuellement en test à Grâce-Hollogne. Le but est d’évaluer le comportement du dispositif et les économies d’énergie électrique. L’ambition est aussi, en parallèle, de mener des études auprès des usagers sur leur perception du système : répond-il à leurs besoins spécifiques d’éclairage ? Au confort des usagers ou au sentiment de sécurité qu’ils éprouvent ? A l’issue de ces tests, certains paramètres, comme le niveau minimal d’éclairage par exemple, seront fixés dans le programme de contrôle des boîtiers.

Nul doute que les débouchés de cette technologie soient considérables : « Je pense aux routes, aux parkings ainsi qu’aux halls d’entreposage, qui n’ont finalement besoin d’être éclairés que pendant des opérations de manutention et seulement à l’endroit où celles-ci se déroulent. Notre objectif est d’ailleurs, à terme, de créer une spin-off afin de commercialiser notre savoir-faire », conclut Jacques Destiné.

Création purement wallonne, fruit d’une collaboration entre l’ULg et l’UCL, avec la collaboration de partenaires industriels (Arthos Technics et ETS Ronveaux) et publics (la SPI, commanditaire du projet et gestionnaire de nombreux parcs d’activité), Geppadi prouve que réduire l’impact carbone sans diminuer le confort des usagers n’a rien d’impossible.

Marc-Henri Bawin

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