Octobre 2013 /227
Que sais-je ?Les hiéroglyphes de A à Z
Aux origines de l’écriture
Le système hiéroglyphique perdure jusqu’au IVe siècle de notre ère. Il s’affine, se développe, évolue, permet l’écriture de textes plus complexes mais ne change jamais fondamentalement, oscillant toujours entre l’image et le mot. Car les hiéroglyphes endossent différentes fonctions : c’est leur place dans le mot qui donne leur fonction aux signes. Il y a tout d’abord les logogrammes, qui ont à la fois une valeur sémantique et une valeur phonétique. Les phonogrammes, eux, n’ont aucune valeur sémantique, mais sont strictement phonétiques. Et enfin, il y a les classificateurs dépourvus de valeur phonétique, mais qui permettent de contraindre le champ sémantique d’un mot. Précisons que, suivant le classificateur, un même mot peut désigner des choses parfois fort différentes. Dans l’ombre des hiéroglyphes, des systèmes plus simples se développent. Le hiératique d’abord, forme cursive du hiéroglyphe et base de l’enseignement des scribes, les hiéroglyphes étant réservés à une élite. Le hiératique est plus rapide à écrire (tachygraphie) et sert d’abord pour les usages courants. Au VIe siècle av.n.è., le hiératique, qui restera en usage, donne naissance à une forme encore plus éloignée de l’aspect iconique du hiéroglyphe, à savoir le démotique. Ce dernier laissera ensuite la place au copte, adapté de l’alphabet grec, que les Egyptiens adopteront à la fin de l’Antiquité. Le premier système alphabétique serait apparu vers -1800. Une main-d’oeuvre étrangère exploitée par les Egyptiens dans la région du Sinaï se serait réapproprié une série de hiéroglyphes en leur donnant une valeur phonétique se référant à leur langue. Quelques siècles plus tard, la déliquescence de l’Empire égyptien aurait permis à d’autres civilisations d’émerger, lesquelles, percevant l’intérêt d’utiliser ce système simple, l’auraient peaufiné, ce qui donnera naissance à l’alphabet phénicien qui, modifié par les Grecs, est à la base des cararctères latins ainsi que du cyrillique par exemple. L’Egypte antique, elle, n’a jamais développé un système strictement alphabétique. Pourtant, dès le début, une liste restreinte de signes sont investis d’une valeur phonétique susceptible de rendre l’ensemble des phonèmes consonantiques de la langue égyptienne. Malgré tout, les Egyptiens, comme les Chinois ou les Japonais aujourd’hui, ont gardé un système composite : l’image est liée à la réalité qu’elle représente, aux yeux des Égyptiens. Ce système a d’ailleurs un avantage par rapport au système alphabétique. « L’icône renvoie à un concept que l’on reconnaît, explique Jean Winand. Elle ajoute une dimension supplémentaire à l’information strictement phonétique. »
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