Avril 2014 /233
A court d’oxygèneUne richesse océanographique en voie de disparition
Colloque en maiLe phénomène de désoxygénation est déjà à l’oeuvre, il tend même à se complexifier face au réchauffement climatique. Cette problématique sera au centre du 46e colloque international de dynamique de l’océan, organisé par l’université de Liège du 5 au 9 mai prochains. La salle académique de la place du 20-Août accueillera durant ces journées une centaine d’exposés oraux et 80 présentations sur posters de chercheurs venant des quatre coins du monde. « C’est ce que j’aime dans cette matière : son côté interdisciplinaire. Elle rassemble des physiciens, des chimistes, des biologistes… », énumère Arthur Capet, chercheur au sein du laboratoire d’océanologie de l’ULg et coorganisateur de l’événement avec Marilaure Grégoire (maître de recherches au FNRS au sein du même laboratoire) et Alberto Vieira Borges (maître de recherches FNRS au sein de l’unité d’océanographie chimique). « Avec la thématique des environnements pauvres en oxygène, notre objectif est de faire se côtoyer des spécialistes des océans et des rivières ou des lacs, qui habituellement se fréquentent peu », explique Alberto Vieira Borges. Plusieurs questions constitueront les sujets des sessions thématiques lors du colloque : quels impacts sont à prévoir à l’avenir sur les écosystèmes ? Pourquoi est-il actuellement difficile d’élaborer des outils de mesure d’oxygène dans l’eau lorsque le niveau est proche de zéro ? Quels sont les indicateurs d’hypoxie (terme scientifique désignant l’inadéquation entre les besoins et les apports d’oxygène) dans les carottes sédimentaires ? Quels sont les outils de gestion à élaborer ? Etc. Effet boule de neige
Déséquilibre encore accentué par le réchauffement climatique qui, en augmentant la température de l’eau à la surface, complique le mélange vertical des strates. « Ces zones peuvent émettre des gaz à effet de serre (GES) très puissants comme le méthane ou le protoxyde d’azote, détaille Alberto Vieira Borges. C’est un cercle vicieux : le réchauffement climatique augmente le nombre de zones à faible présence d’oxygène, où les émissions de GES accroissent et amplifient le réchauffement climatique. » Un retour en arrière est-il possible ? Question complexe. Si des améliorations ont été constatées par endroits, des recherches (comme la thèse de doctorat d’Arthur Capet sur le Danube et la mer Noire) démontrent aussi que le milieu aquatique présente une certaine inertie. Pour que des changements positifs interviennent, les spécialistes devront aussi mettre en place des outils de gestion adaptés de façon à prédire notamment à quels niveaux limiter l’apport en nutriments au regard de la problématique de la stratification. Les scientifiques réunis lors du colloque international prochain ne manqueront pas de sujets de débats.
Mélanie Geelkens
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