Novembre 2014 /238
Autour de Daniel Giovannangeli“Phénoménologies” a dix ans
Comment faire tenir ensemble structuralisme et phénoménologie ? Lévi-Strauss, Foucault et Sartre ? Autrement dit, La pensée sauvage, Les mots et les choses et L’être et le néant ? Arpenter ces oeuvres majeures du XXe siècle ne s’est pas fait sans déchirement. « Le Pr Giovannangeli n’a cessé de relire l’un avec l’autre Sartre et Derrida, en les mesurant aux grandes philosophies allemandes contemporaines – Hegel, Husserl et Heidegger », rappelle Grégory Cormann, chef de travaux au département de philosophie. C’est d’ailleurs à Derrida et à sa philosophie de la déconstruction qu’il consacre sa thèse en 1974, une première à l’époque. Depuis, attentif à la lecture rigoureuse des textes et à leur transmission, loin de la figure de l’intellectuel péremptoire, Daniel Giovannangeli a dispensé différents enseignements au sein de notre Alma mater – histoire de la philosophie, esthétique, métaphysique, philosophie des sciences sociales –, contribuant à y révolutionner en profondeur l’approche de la phénoménologie, à savoir la méthode qui s’emploie à décrire sans préjugé ce qui se présente à notre connaissance. Aujourd’hui, l’unité de recherche Phénoménologies qu’il a fondée il y a dix ans est dirigée par Denis Seron, maître de recherche au FNRS. Une quarantaine de colloques et de journées d’étude sont à l’actif de l’équipe, composée de près de vingt chercheurs. Elle se rassemble dans un séminaire, organisé chaque printemps, qui constitue le temps fort de l’année : ouvert aux doctorants, on y croise aussi les meilleurs spécialistes de la phénoménologie. « Notre équipe travaille sur des sujets très divers, confie Denis Seron, sur Husserl, qui a fondé le mouvement, mais aussi sur ses sources au XIXe siècle ou sur ses développements en France avec Sartre et Ricoeur. Depuis 2005, l’unité dispose d’une revue – le Bulletin d’analyse phénoménologique – qui contient plus d’une centaine de textes, y compris de très jeunes chercheurs. » Ce dynamisme est certainement à mettre au crédit de Daniel Giovannangeli à qui ses proches collaborateurs rendent hommage en publiant les actes du colloque qui s’est tenu à l’ULg en 2008. À sa manière, cet ouvrage salue la tension qui parcourt ses écrits : penser l’homme aujourd’hui sur la base des grands textes de la pensée moderne et d’une description patiente des différentes manières pour lui de se rapporter au monde et à autrui.
Henri Deleersnijder
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