Mai 2015 /244
Des spectres à l’étableL’analyse du lait made in Wallonie, tremplin international pour Gembloux
Il y a belle lurette que la gestion du bétail bovin, dans nos régions, ne se réalise plus seulement selon l’oeil et le feeling de l’éleveur. Depuis 1919, les vaches laitières font l’objet d’un contrôle laitier qui, petit à petit, s’est enrichi de données qualitatives aussi fondamentales que les teneurs en matières grasses et en protéines. “Fondamentales”, car ce sont ces paramètres qui, aujourd’hui, conditionnent en bonne partie la rémunération versée par les laiteries. Et ce n’est pas tout : grâce aux récentes recherches menées en Wallonie, l’éleveur peut désormais être tenu au courant d’éléments qualitatifs aussi variés que le profil en acides gras, la concentration en minéraux, la teneur en acétone... du lait de ses protégées. Il lui revient ensuite, en fonction de ces indicateurs (allant jusqu’à évaluer la production de méthane – puissant gaz à effet de serre ! – des animaux), d’adapter les rations alimentaires et d’organiser les soins vétérinaires les plus appropriés. Une aide à la décisionParce qu’il peut être exploité bien mieux qu’autrefois, ce spectre est à l’origine d’une innovation qui est en train de propulser la Wallonie sur le devant de la scène mondiale de l’analyse du lait. En 2008, les chercheurs de Gembloux Agro-Bio Tech (ULg) et du CRA-W avaient uni leurs forces avec celles d’acteurs de terrain – l’ASBL Association wallonne de l’élevage et le Comité du lait de Battice – pour créer une banque de données croisant les informations spectrales avec diverses données caractérisant le type d’élevage pratiqué au sud du pays (données zootechniques). L’idée de ce partenariat, baptisé “Futurospectre”, consistait à exploiter et valoriser les données spectrales issues de l’analyse du lait pour fournir de nouveaux indicateurs de gestion des animaux et des troupeaux dans un souci de durabilité des exploitations laitières. Sept ans plus tard, en ce printemps 2015, les mêmes acteurs célèbrent la formation d’Optimir, sorte de Futurospectre à l’échelle européenne. Ou du moins, à l’échelle de six pays du nord-ouest de l’Europe, mais non des moindres : l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Irlande, le Luxembourg et la Belgique. Un engouement internationalCe qui est également en jeu via cette notion de durabilité, estiment les protagonistes de cette collaboration, n’est ni plus ni moins que l’amélioration du bien-être animal, la diminution des impacts de l’élevage sur l’environnement, l’amélioration de la qualité des produits, etc. Sans oublier l’amélioration du revenu des agriculteurs dans le contexte délicat de la suppression des quotas laitiers par les autorités européennes, mesure susceptible d’entraîner une plus grande volatilité du prix du lait.
Philippe Lamotte
Photos : J.-L. Wertz et Philippe Lamotte
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