Mai 2016 /254
Culture JeuneUn colloque intitulé “Politiques de jeunesse et politiques culturelles : vers une citoyenneté culturelle ?” aura lieu les 26 et 27 mai.
DONNER DU SENSPar ailleurs, dans un contexte de crise, les politiques culturelles et artistiques sont souvent reléguées en arrière-plan au profit des enjeux d’orientation professionnelle, de formation, de prévention, etc. La diffusion des technologies numériques aurait aussi participé à ce désinvestissement des pouvoirs publics, lesquels auraient pris acte d’une “privatisation” progressive de la culture. Pourtant, les projets artistiques restent probablement un lieu privilégié d’engagement, favorisant à la fois la prise d’autonomie des jeunes et l’inscription dans une démarche collective. « Il ne s’agit pas seulement d’exprimer des souffrances individuelles mais aussi, à travers la création artistique, de donner un sens à son cadre de vie, de se le (ré)approprier. Cela est d’autant plus nécessaire dans un temps où le vivre-ensemble suppose de vivre avec d’autres qui ont des trajectoires de plus en plus diverses et complexes », précise Jean-François Guillaume. Lors de ce colloque, les intervenants interrogeront notamment les enjeux de la création artistique avec des publics jeunes : quelle responsabilité sociale et politique endosse-t-on quand on crée ? L’émotion et l’expérience esthétique ont-elles en soi une vertu ou une valeur intégrative ? « À travers la production artistique, on peut aussi s’inscrire dans une démarche non conditionnée à la logique scolaire d’évaluation, où l’on doit rendre des comptes. On ne se trompe pas quand on crée. On ne peut pas avoir 0/10 », estime Jean-François Guillaume. C’est là un des défis propres à l’articulation des politiques de jeunesse et des politiques culturelles : sortir des avatars d’une forme scolaire d’éducation et mettre à distance les référents culturels dominants. « On ne peut se contenter d’enfermer la culture dans des formes de type“atelier”. La question véritable est : que veut-on exprimer et vivre à travers la culture ? Permettre aux jeunes de formuler des attentes sur l’organisation de l’espace public par d’autres moyens qu’une enquête ou un conseil consultatif ? Soutenir la formulation d’alternatives ? Modifier le cadre de vie ? Lors de ce colloque, des collègues tunisiens témoigneront aussi de la place de la création artistique comme recherche d’une utopie dans un contexte de révolution politique », note le Pr Guillaume. PRISE DE RISQUESelon lui, la création artistique ouvre en effet un espace de “prise de risque sociale”, où il est possible de reconfigurer l’expérience collective. « Ce colloque sera aussi nourri par des intervenants en charge de deux dispositifs d’action où l’expérimentation des arts est pensée comme une façon d’agir sur des problématiques sociales et culturelles : le laboratoire artistique populaire de l’association Keur Eskemm de Rennes et l’ASBL bruxelloise Lézarts Urbains », ajoute encore Jean-François Guillaume. Autant de pistes pour penser une nouvelle “citoyenneté culturelle”.
Julie Luong
Photo : J.-Cl. Massart
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