Février 2017 /261
Mieux vaut prévenirPromouvoir la santé, une stratégie à long terme
Sous l’égide des Nations unies, le 21 novembre 1986, la première Conférence internationale pour la promotion de la santé réunie dans la capitale canadienne adoptait la “Charte d’Ottawa”. Un texte fondateur en faveur de la “santé pour tous”, une référence pour les politiques de prévention. 30 ans plus tard, la Région wallonne prépare un nouveau décret en cette matière et une Fédération wallonne de promotion de la santé est née. Le service d’Appui en promotion et en éducation pour la santé (Apes) de l’université de Liège est un des acteurs historiques de ce secteur. Promouvoir la santé, qu’est-ce que cela veut dire ? « Le terme “santé” est à prendre dans un sens global. Il faut garder à l’esprit que la santé ne se réduit pas à l’absence de maladie. La promotion de la santé vise à créer un état de bien-être physique, mental et social le meilleur possible pour les individus, les groupes, la population », explique Chantal Vandoorne, directrice de l’Apes à l’ULg. « Il s’agit de permettre aux personnes d’acquérir une maîtrise de leur propre santé et des moyens de l’améliorer. » Autrement dit, promouvoir la santé, ce n’est pas seulement veiller à la qualité des soins, mais aider les individus à préserver la leur et ainsi participer à relever les défis auxquels l’Union européenne est confrontée, tels que le vieillissement, l’obésité, le tabagisme, le cancer, le sida, etc. Car, si la santé est un gage de qualité de vie, elle est aussi une ressource collective nécessaire pour un développement économique durable et solidaire. « Investir dans la prévention, c’est aussi diminuer les dépenses de l’assurance maladie », observe Chantal Vandoorne. On le sait, la santé est largement tributaire du milieu social. Concevoir des politiques en sa faveur, c’est aussi s’opposer à l’exclusion sociale, combattre les inégalités. Bien consciente de l’enjeu, la Région wallonne – compétente en la matière depuis 2014 – prépare un nouveau décret en ce sens ainsi qu’un plan de prévention et de promotion de la santé fixant des objectifs pour les dix prochaines années. L’Apes est partie prenante des travaux préparatoires. MODES DE VIEAujourd’hui, le nombre de pathologies chroniques explose. Les maladies cardiovasculaires, celles de l’appareil circulatoire et les cancers sont les causes majeures de la morbidité. La promotion de la santé peut faire la différence en diminuant le risque de contracter l’une de ces pathologies. On recommande une alimentation équilibrée, une activité physique journalière, une consommation limitée d’alcool (pas plus de 14 verres d’alcool par semaine pour les femmes, 21 pour les hommes), une vie sans tabac et, de plus en plus, un sommeil suffisant et de qualité. Mais comment faire en sorte que ces recommandations soient traduites dans une évolution des modes de vie de la majorité des individus ? De nombreuses associations se sont emparées de cette problématique et ont multiplié les initiatives. « La campagne “cinq fruits et légumes par jour” a marqué les esprits, le slogan “manger moins bouger plus !” se répand et l’activité physique a la cote au travers de la mobilité douce, de la mode du jogging, de l’attrait pour les clubs de fitness. » Relevons encore que l’interdiction de fumer dans les lieux publics, couplée à une majoration significative du prix du tabac, a porté ses fruits. « La cigarette n’est plus la norme, note Chantal Vandoorne, ce qui est un bienfait pour les non-fumeurs aussi. » Dernièrement, la Fondation contre le cancer a imaginé un défi “Tournée minérale”, soit un mois sans alcool, celui de février. Malgré tout, il n’est pas facile de faire évoluer les comportements de l’ensemble d’une population. Ainsi, l’adoption des principes d’une alimentation équilibrée peut sembler simple. Il n’en est rien. Encore faut-il élaborer des repères scientifiquement fondés, consensuels et compréhensibles par tous. « Se nourrir sainement, qu’est-ce que cela veut dire ?, reprend Chantal Vandoorne. Consommer cinq fruits et légumes par jour : oui mais en quelles quantités exactement ? Privilégier les légumes locaux et de saison : oui, mais ont-ils une meilleure valeur nutritive et où les trouver ? Comment les préparer ? Consommer moins de sel et de sucres simples, mais sucres et sels sont souvent cachés dans des boissons promues par les publicités, dans les viennoiseries, dans les plats préparés qui nous simplifient la vie ? Est-ce possible quand on a très peu de ressources ? » DANS TOUTES LES POLITIQUES
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APESL’Apes-ULg est une équipe pluridisciplinaire composée de dix personnes : assistante administrative, psychologue, politologue, anthropologue, pédagogue, biologiste, sociologue. Elle est agréée par la Région wallonne, la Cocof et l’ONE (Fédération Wallonie-Bruxelles) pour apporter un appui scientifique et méthodologique permanent à tout organisme ou toute personne qui développe des actions de prévention, d’éducation pour la santé et de promotion de la santé ainsi qu’aux acteurs associatifs, institutionnels, scientifiques et politiques. L’Apes-ULg développe aussi des partenariats privilégiés avec l’École de santé publique de l’ULB et le Service de santé scolaire de l’UCL, notamment dans le cadre de l’association interuniversitaire Provac – appui scientifique à la politique de vaccination en FWB. Dans le domaine de la formation continue, l’Apes-ULg entretient des partenariats de longue date avec l’École des hautes études en santé publique (Rennes) et avec l’Université d’été en santé publique (Besançon). Des collaborations sont aussi actives avec l’université de Lorraine et plusieurs services de l’ULg dans différentes facultés. |
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