Mars 2017 /262
Les vertus de la réalité virtuelleLes territoires du virtuel se multiplient à l’Université
Si vous jouez aux jeux vidéo, ou si vous vous intéressez à la technologie d’une manière générale, alors la réalité virtuelle vous est certainement familière. Cependant, au-delà de l’industrie du jeu et du divertissement, elle a désormais des applications médicales et thérapeutiques qui connaîtront encore des développements majeurs dans les prochaines décennies. Raison pour laquelle la Clinique psychologique et logopédique universitaire (CPLU), HEC Liège et la faculté de Médecine, intègrent peu à peu la réalité virtuelle à ses programmes de formation, d’enseignement et de recherche.
OUTIL DE SOINS
Il n’est donc pas étonnant que les environnements du Pr Bouchard en particulier et la réalité virtuelle en général intéressent au-delà de la psychologie clinique. Les perspectives dans le domaine de l’enseignement et de la recherche sont ainsi très prometteuses. En logopédie en particulier, une recherche unique est actuellement en cours à Liège sur les personnes bègues. Dans ce cadre-là, l’environnement utilisé est celui d’une salle de classe dans laquelle l’adolescent qui bégaie doit apprendre à contrôler son débit verbal devant ses copains. ABORDER LE MÉTIER EN DOUCEUREn outre, que ce soit en faculté de Médecine ou au sein de la faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l’éducation, la réalité virtuelle est en train d’être peu à peu intégrée aux cours. En médecine, le Pr Alexandre Ghuysen, de l’unité de réanimation – urgence extra-hospitalière au CHU – de Liège, dresse un constat édifiant : « Le nombre d’étudiants en médecine devient chaque année plus important, et il n’est guère possible dans la pratique clinique courante de former tout le monde en présentiel. C’est pourquoi la réalité virtuelle est intéressante pour nous. »
Dans cette optique, de la simulation est faite à tous les niveaux. En utilisant et en adaptant certains environnements du Pr Bouchard, il est possible de s’entraîner à des cas de figure incontournables pour le futur praticien de la santé. Par exemple, les étudiants reçoivent une formation à la délivrance de mauvaises nouvelles : la réalité virtuelle leur donne l’occasion non seulement de pouvoir s’observer mais également de se glisser dans la peau de celui qui reçoit la mauvaise nouvelle. L’idée étant de se rendre compte de l’effet produit par les paroles ainsi que par les gestes et l’attitude. La gestion du stress des équipes d’intervention en médecine d’urgence (urgentistes, réanimateurs, anesthésistes, etc.) est une autre illustration de l’utilisation de la réalité virtuelle qui devrait débuter en octobre prochain. Ici, l’inspiration est venue de ce qui se fait au sein de l’armée canadienne où les militaires, dans le but de contrôler leur stress, doivent s’immerger dans un jeu vidéo dont le but est de tuer des zombies. « Là où c’est très intéressant, c’est qu’en même temps qu’ils jouent, ils entendent en permanence leur fréquence cardiaque et leur fréquence respiratoire. On leur apprend des techniques de contrôle du stress basées sur la respiration en leur expliquant que, s’ils se laissent submerger, ils auront un champ visuel rétréci et de moindres performances. Lorsqu’ils sont ensuite plongés dans des environnements réels, on s’aperçoit que ceux qui ont suivi ce type de formation s’avèrent bien meilleurs que les autres car le contrôle du stress est devenu automatisé », note Alexandre Ghuysen. Sans devoir affronter de zombies, les étudiants se montrent pour le moment tout à fait réceptifs et enthousiastes devant cette nouvelle manière d’aborder la matière, les objectifs pédagogiques étant clairement définis. Autrement dit, il ne sert à rien d’introduire de la réalité virtuelle sans avoir au préalable une vision universitaire de la chose et le désir de rendre service à la communauté. Comme le résume la Pr Anne-Marie Étienne : « C’est un bel outil mais ce n’est qu’un outil. La réalité virtuelle ne soigne pas. »
Ariane Luppens
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