Avril 2017 /263
Grand angle“Une théorie ne ressemble pas plus à un fait qu’une photographie à son modèle”. Cette maxime du nouvelliste E.W. Howe interroge la question de la rigueur scientifique et du statut de la photographie comme représentation de la réalité. Douglas Vernimmen en connaît quelque chose puisque son parcours de scientifique et sa passion pour la photographie l’ont poussé à s’interroger sur son attrait pour ces deux disciplines : « Tout comme la photographie, le travail de recherche demande une grande méticulosité. Mon grand-père était sculpteur sur bois, maman est peintre amateur et moi j’avais commencé le dessin. Disons que depuis l’enfance, j’ai toujours été soucieux du détail et de la perfection. J’ai toujours eu des projets à réaliser, et une vision précise pour concrétiser les idées qui me passaient par la tête. » EXPÉRIENCE EXTRAORDINAIRE
Tombe-t-il amoureux d’Oxford ? La question mérite d’être posée alors que sort son recueil de photographies consacrée à la célèbre ville universitaire. « C’est un rêve qui devient réalité, la récompense d’une obstination devenue obsession ! Je suis arrivé à ce qui me tenait le plus à cœur : publier ces photos, comme un témoignage d’une expérience extraordinaire que j’ai pu vivre dans une des meilleures universités du monde » , avoue-t-il. Si la persévérance constitue sans aucun doute la clef de voûte du projet, l’accueil est à la hauteur de ses ambitions : « Mon livre est vendu mondialement et, à ce jour, 650 exemplaires ont été écoulés en quatre mois. » Notons que les éventuels bénéfices serviront à financer des bourses d’études.
Son adhésion à la Société de photographie d’Oxford a probablement été un déclencheur dans son parcours de photographe amateur. Salué en 2006 au Salon de la photographie à Londres où il expose deux de ses photos, Douglas Vernimmen envisage alors l’avenir à l’international : « Via le club, j’ai pris connaissance des différents concours internationaux organisés par la Fédération internationale d’art photographique (Fiap) notamment : je me suis donc testé, mais pas tout de suite, car je voulais attendre d’être sûr de moi et de la qualité de mes photos. » Avec succès. Dès 2008, plusieurs clichés furent sélectionnés dans des concours internationaux et plus de 200 prix décorent aujourd’hui sa cheminée… RECONNAISSANCESes photos sont maintenant exposées dans une cinquantaine de pays, des États-Unis jusqu’en Asie. Les maisons d’édition s’intéressent à son travail et son premier recueil vient d’être publié. « L’avantage, c’est surtout d’être reconnu et d’avoir de la crédibilité en tant qu’amateur », admet-il. Si ses recherches ont l’ambition d’isoler les obstacles à la vie, la photographie permet de la transcender en en immortalisant des instants. Henri Cartier-Bresson le notait lui-même : “Le temps court et s’écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui l’a éblouie.”
Aliénor Petit
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