
Elle s’appelle Laurence Lemaire, elle a 20 ans et elle a entamé sa troisième année de bachelier en sciences biomédicales après un été passé en laboratoire. «Je n’ai pas eu de vacances cette année, raconte Laurence Lemaire sans regret. J’ai consacré mes deux mois de congé à un stage de recherche en Suisse.» Organisé par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (CEPFL) pour la deuxième année consécutive, ce stage était particulièrement élitiste puisque seuls 20 étudiants, du monde entier, ont été sélectionnés sur base d’un dossier de candidature comprenant curriculum vitae, lettre de motivation et recommandations de professeurs.
«Sept étudiants de notre section ont répondu à l’appel lancé par l’EPFL, explique Vincent Seutin, professeur au département des sciences biomédicales de la faculté de Médecine de l’ULg. Mes collègues et moi les avons tous encouragés et soutenus mais seule Laurence Lemaire a reçu une réponse positive.» Arrivée sur place, elle se rend compte qu’elle est également la seule Belge du stage et qu’il va falloir participer aux travaux pratiques en anglais. « Ça ne m’effrayait pas, raconte l’étudiante, je savais que je m’habituerais rapidement, et puis le langage scientifique est fort identique en anglais et en français. Ce qui était plus impressionnant, c’est le niveau de technologie des recherches effectuées.»
Dans sa lettre de motivation, Laurence avait indiqué être particulièrement intéressée par la recherche en cancérologie. À Lausanne, elle a pu choisir parmi les thèmes de recherches celui qu’elle préférait. «J’ai choisi de suivre un doctorant qui étudiait la migration des cellules endocrines du pancréas, explique-t-elle. Il s’agit d’un processus qui arrive à un moment précis du développement embryonnaire.» L’étude particulière et très pointue permet de mieux connaître le pancréas : «Elle permet aussi de comprendre comment il se constitue et comment on pourrait mieux le régénérer, notamment dans certains types de diabète», ajoute le professeur Seutin.
Si Laurence n’utilisera probablement pas le contenu de ses recherches tellement il est original et spécifique, elle est cependant convaincue d’avoir vécu une expérience extraordinaire et bénéfique pour son cursus. «C’est un premier vrai contact avec la vie en laboratoire; j’y ai passé de longues heures pendant deux mois. Ça m’a permis de me rendre compte que j’aimais vraiment la recherche et que j’adorerais y faire carrière. De plus, c’est, pour moi, une nouvelle façon d’aborder la science : on ne réfléchit pas de la même façon dans un labo qu’en classe. Enfin, j’ai pu perfectionner mon anglais.»
La filière “sciences biomédicales” est évidemment fière de Laurence, elle qui a l’ambition de former des scientifiques spécialisés dans le domaine – très large – de la santé humaine : cancérologie, neurosciences, nutrition, cosmétologie, pharmacologie et toxicologie, pays en voie de développement, analyses biologiques et assurance qualité sont autant d’orientations que les étudiants peuvent choisir en dernière année. Si la formation de base est large et essentiellement théorique, la recherche en laboratoire ne commence de manière intensive quant à elle qu’en premier master. «Chez nous, comme lors du stage de Lausanne, les étudiants suivent les doctorants dans leurs recherches lors du stage en 1er master, explique Vincent Seutin. En 2e, ils en feront un plus long (six mois à temps plein) et auront l’occasion d’aborder toutes les étapes de la réalisation d’un projet de recherches. Notre section comporte entre 200 et 250 étudiants, dont 25 en 1er master. L’expérience que Laurence a vécue est vraiment positive en ce sens qu’elle l’a très bien préparée à ses travaux futurs !» Appel discret aux étudiants en sciences du vivant : si tout va bien, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne devrait lancer un nouvel appel à candidatures au printemps prochain.
Sophie Fafchamps