Octobre 2008 /177
L’identité au plurielUne approche multidisciplinaire au cœur d’un colloqueDepuis toujours, l’homme s’est posé la question de son identité. Au départ apanage de la philosophie ou de la psychologie, la recherche a vite nécessité une approche multidisciplinaire. Le colloque “Identités en construction” – organisé les 16, 17 et 18 octobre – rassemblera plusieurs scientifiques issus d’horizons divers (sociologie, philosophie, littérature, linguistique, psychologie, communication, etc.) ainsi que des intervenants spécialisés dans les phénomènes migratoires. Erik Spinoy, chargé de cours de langues et littératures modernes, est à l’origine du projet. « Mes recherches sur le phénomène d’identification à des courants ou des programmes littéraires m’ont poussé à développer un projet plus global. Le but de ces communications est d’émettre des réflexions théoriques sur le concept transversal d’identité et ainsi lancer les bases d’une démarche durable entre Facultés pour approfondir les recherches. » Pendant trois jours, le colloque aura donc pour objectif de découvrir les différentes facettes de ce concept complexe à travers des regards croisés. Dans les années 60 et 70, lorsque la sociologie a commencé à s’intéresser à l’identité, prédominait une vision nettement plus homogène et seulement objectiviste de ce concept. Or, comme l’explique Gautier Pirotte, chargé de cours en sociologie anthropologique du développement, « nous assistons à un phénomène d’éclatement du processus identitaire. On parle désormais des identités en constante évolution durant la vie des individus. Certes, une série d’éléments objectifs façonnent toujours notre identité, mais l’aspect constructiviste et subjectiviste joue maintenant un rôle-clé. L’individu est devenu davantage acteur de son processus identitaire. » Cette différence avec le passé est la conséquence d’au moins plusieurs phénomènes récents, selon le chercheur. Le premier a trait à l’évolution des sociétés contemporaines qui placent l’individu en leur centre. Le second renvoie aux phénomènes multiformes de la globalisation auxquelles nos sociétés contemporaines sont confrontées : les individus sont davantage obligés de jongler avec plusieurs casquettes en fonction du monde dans lequel ils évoluent. C’est pourquoi les recherches actuelles portent davantage sur le côté “patchwork” et cette construction subjective de l’identité. Le titre du colloque évoque d’ailleurs parfaitement l’origine processuelle et le caractère multiple des identités contemporaines, à la fois indépassables pour la compréhension de notre monde mais aussi terriblement fluctuantes ou fragiles.
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