Décembre 2009 /189
Good morning VietnamDes apprentis médecins liégeois à Ho Chi Minh Ville8h à l'hôpital Nguyen Tri Phuong : les bâtiments défraîchis de ce quartier médical cinquantenaire étouffent déjà de monde et de chaleur. La cour centrale et les traverses ne désemplissent pas de vespas, véhicules de premier choix dans les artères bouchées de Ho Chi Minh Ville, ex-Saigon. De couloir en couloir, on enjambe ici et là paillasses et tapis sur lesquels les familles, nombreuses, se sont rassemblées à même le sol. On y veille, on y mange et on y dort à l'abri du bourdonnement bruyant des rues du 5e district. On attend le rétablissement d'un proche, allongé en salle commune dans un lit métallique un peu militaire. A deux pas, trois étudiants en médecine de l'ULg se sont déjà désinfectés les mains et les avant-bras (ils "se sont brossés") et sont passés, en silence, dans l'une des quatre salles d'op, où un petit homme se fait enduire le crâne d'Isobetadine. Pour ces 4e doc, le planning matinal sera léger.
Partenaire de choix Sous la supervision du Dr Vo Duy Khoa, un anesthésiste qui a effectué un stage de six mois au service des soins intensifs du CHU de Liège, les stagiaires assistent, ce matin, à la remise en place d'un morceau de crâne, large comme un poing, enlevé quelques semaines plus tôt après un accident de la route. Un parmi tant d'autres dans cette ville où la circulation se régule à coups de klaxon. « On appelle ce type de prélèvement un volet crânien. Il est, nous dit-on, systématique ici lorsque le score de Glasgow est inférieur à 9. Il y a peu de place pour la dérivation ventriculaire externe, une technique fréquente chez nous, mais beaucoup trop coûteuse ici. Elle n'est donc pratiquée qu'en cas d'hydrocéphalie », jargonnent Julien et Dilshad par-dessous leur masque. L'un d'eux, quoiqu'un peu abattu par les errances touristiques du week-end, finira par tenir brièvement l'aspirateur puis, flanqué du chirurgien, par couper les fils. « Ce sont des nœuds de Donati. C'est la première fois que j'en vois dans ce contexte. Ils sont très serrés et donc potentiellement nécrosants. » L'occasion d'oser une rafale de questions, dans un anglais médical trébuchant. De part et d'autre, on se répète en gesticulant, car la barrière de la langue demeure partout une contrariété majeure qui fait ici l'impasse sur un large pan du quotidien hospitalier. Seuls quelques médecins parlent l'anglais ou le français : on reste donc parfois sur sa faim.
In English, please Patrick Camal
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