Janvier 2010 /190
Rien de personnelUn film de Mathias Gokalp, 2009, France, 1h31. La société Muller organise une grande réception pour le lancement de son nouveau produit. Mais au fur et à mesure de la soirée, les employés se rendent compte qu'il s'agit plutôt d'un coaching du personnel. Une rumeur se propage : la société s'est fait rachetée et doit licencier. Qui seront les malheureux "élus" ? Alors que le scénario a été écrit bien avant la crise économique, Rien de personnel traite avec un regard original et parfois humoristique la souffrance vécue sur le lieu du travail, lequel se révèle souvent un lieu de compétition où chacun doit porter un masque pour survivre et sortir du lot. A l'encontre de la plupart des premiers longs métrages écrits à la première personne, Rien de personnel ne parle pas d'intime, mais donne un regard sur la société. Ceci dit, quand on parle du monde, on parle toujours de soi. Rien de personnel est donc pour le réalisateur tout autant personnel que ne l'est pas son titre. Ce chiasme stylistique est tout à fait à propos. Formellement, le film est construit en cercles concentriques. Les scènes se répètent, chaque fois sous un autre angle, forcément subjectif. Le spectateur est donc obligé de réexaminer ce qu'il a vu, entendu et interprété. Cette structure du récit permet de basculer le rôle des personnages : la victime devient le bourreau, le traître, le héros, etc. Il n'y a au final plus d'individualités, mais des personnages pris dans une logique qui les dépasse, une logique d'économie de marché, une logique où rien n'est personnel. Très finement écrite, et assez bien rythmée, la mise en scène frôle parfois le théâtre filmé, avec un manque de naturel à certains moments. Le casting est quant à lui étonnant et nous retrouvons le Belge Bouli Lanners dans un rôle tout à fait touchant. Projet très atypique et au sujet difficile qui a séduit les comédiens et les producteurs comme il séduira certainement plus d'un spectateur. Christelle Brüll
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