Mai 2010 /194
Akhénaton revisitéLa biographie scientifique d’un pharaon trop fantasmé
Nouvelle théocratieLe prince Amenhotep, futur Akhénaton, a vu le jour lors d’une des périodes les plus fastueuses de l’Égypte antique. Vers 1352 avant notre ère, sans doute encore adolescent, il monte sur le trône d’un pays où la distinction moderne entre pouvoir politique et religion n’a aucun sens, puisque Pharaon y est perçu comme un dieu. Mais, depuis les réformes initiées par son père Amenhotep III, chaque divinité du panthéon est interprétée comme une manifestation particulière du dieu suprême, Amon-Rê, incarnation du soleil. Avec le nouveau souverain, le dieu solaire va devenir “Aton”. C’est en l’an 4 de son règne que le pharaon s’unit à la splendide Néfertiti et commence à penser à sa descendance. Mais c’est alors, surtout, qu’il impose sa nouvelle théocratie, un nouveau système idéologique de légitimation du pouvoir. Aton, source unique de légitimité, offre au roi l’avantage d’être facilement contrôlable, puisque son seul interlocuteur et unique interprète est désormais le pharaon lui-même ! Pour parfaire le dispositif, Amenhotep IV change de nom et devient Akhénaton, “celui qui est utile pour l’Aton”. Retour à la case départL’“Atonisme” peut être qualifié de véritable monothéisme car, au fil du temps, il aboutira au rejet de toutes les autres divinités. La principale innovation d’Akhénaton réside cependant dans son initiative de monopoliser ce dieu suprême comme sa divinité personnelle, verrouillant ainsi un pouvoir vraiment théocratique. La réforme ne s’impose évidemment pas sans susciter d’opposition. C’est sans doute l’un des éléments qui convainquent le souverain d’abandonner Karnak, fief de l’ancien dieu (près de Louqsor, l’antique Thèbes), pour déménager la cour vers une nouvelle capitale, sur le site d’Amarna, en Moyenne Égypte. Un chantier colossal va faire surgir Akhet-Aton, le nouvel “Horizon-de-l’Aton”, une ville entièrement dédiée à la nouvelle théocratie et à son dieu tutélaire, sur la rive droite du Nil. C’est là que le règne connaîtra son apogée, puis son déclin.
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