Novembre 2010 /198
Jeudis du journalismeLes médias à la portée de tous
Presse en périlPresque élevée au rang de bien d’absolue nécessité, au point qu’un peu moins d’un internaute sur dix y réserve d’ores et déjà l’espace qu’occupera sur Facebook un bébé encore à naître, l’interface intangible du web ne peut plus être ignorée des salles de rédaction. Mais on oublierait presque que celles-ci, tout en s’y lançant à corps perdu, n’ont pourtant encore jamais cerné le moyen d’en tirer durablement parti. En particulier pour s’extirper de la crise que traverse la profession depuis plusieurs années, peut-être aggravée par la montée en puissance du web et de son penchant – tout de façade – pour la gratuité. Les essais sont aussi nombreux que disparates : version numérique plus ou moins indépendante de l’édition papier; dépêches d’agence insipides et manie du texte court pour alimenter à moindres frais les pages web; contenu intégral de l’édition papier publié en ligne; formule du “freemium”, notamment adoptée par lemonde.fr , qui limite le gratuit au-delà d’un certain nombre de consultations; gratuité des articles à J+1 du côté, notamment, du New York Times. Ou bien, comme l’ont fait rue89.fr ou Médiapart (fondés par quelques figures de la presse française), un pari exclusif sur le “tout-en-ligne”, le premier proposant un contenu fouillé mais gratuit, financé par la publicité et des formations à la communication sur le web; le second misant, quant à lui, sur un quotidien d’investigation intégralement payant, qui fut lancé il y a quelques mois grâce à l’apport de capitaux extérieurs. L’habitude du gratuit« Mais Médiapart, qui espérait dépasser 70 000 abonnés et devenir rentable après trois ans, en est encore loin, conclut François Colmant, sans prophétiser la victoire de l’un ou l’autre modèle. Pour l’instant, Rue 89 démontre qu’il ne va après tout pas nécessairement de soi de payer pour bénéficier d’une information de qualité. Au-delà, il faut peut-être penser, avec l’auteur Chris Anderson, qu’internet nous a à ce point habitués au gratuit qu’il n’est, en dernière analyse, plus possible de revenir en arrière. » Quoi qu’il en soit, d’aucuns pensent déceler, sur fond de crise et de montée en puissance du web, un regain de vigueur presque rebelle du journalisme d’investigation – celui des scoops, de la désintox et des longs articles étayés – censé réinventer le journalisme en ligne, « où lâcher une erreur ne coûte rien, s’indigne Marc Vanesse. Elle est immédiatement rattrapable dans la seconde. Mais le web a, au moins, ceci de merveilleux qu’il récupère certainement des lecteurs déçus. » Le “faites court” et les maniaques du clic n’ont qu’à bien se tenir.
|
Egalement dans le n°269
Éric Tamigneaux vient de recevoir le prix ACFAS Denise-Barbeau
D'un slogan à l'autre
Résultats de l'enquête auprès de "primo-arrivants" en faculté des Sciences
21 questions que se posent les Belges
Le nouveau programme fait la part belle à l’histoire de la cité
Panorama des jobs d'étudiants
|