Février 2011 /201
Quels risques pour la dette belge ?Crise politique majeure, répercussion sur l’économie
On assiste en outre à un repricing des pays dont la dette est élevée comme c’est le cas pour l’Italie et la Belgique. En effet, en novembre dernier, les ministres des Finances européens ont mis en place un mécanisme européen de stabilité permanent ( ESM) qui remplacera en 2013 le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ce mécanisme prévoit une possible implication du secteur privé au cas où un pays de la zone euro serait en état d’insolvabilité. En clair, toutes les obligations émises à partir de 2013 pourraient faire l’objet d’une restructuration. Dès lors, les investisseurs privés passeront après l’ESM et le FMI. Même si un nouveau gouvernement est formé, il faut s’attendre à ce qu’un spread – l’écart de taux entre une obligation d’Etat belge et une obligation allemande – de 100 à 120 points de base soit la nouvelle réalité. L’exposition du secteur bancaire belge aux dettes des pays européens à risque constitue une autre source de préoccupation. Plus grande est la taille du secteur bancaire par rapport à la surface économique d’un pays, plus fort est l’aggravation du ratio d’endettement de l’Etat en cas de sauvetage forcé des banques. Or les actifs du secteur bancaire belge pèsent 380% du PIB national, contre seulement 141% en Grèce, 151% en Italie, 188% au Portugal, 205% en Finlande, 246% en Allemagne, 299% en Autriche ou 338% en France. L’exposition des banques belges à la dette irlandaise s’élève à 6,4% du PIB de la Belgique. C’est une valeur bien plus élevée que l’exposition à la dette irlandaise des banques allemandes (4,4% du PIB), par exemple. Le 30 novembre, en pleine crise de la dette publique irlandaise, le spread sur les obligations linéaires belges à dix ans a atteint un pic de 139 points de base à cause de l’exposition des banques belges aux titres obligataires irlandais. “La lenteur de formation d’un nouveau gouvernement Les spéculateurs qui mettent la pression sur les obligations d’Etat utilisent principalement deux techniques. La première consiste à vendre du “papier” qu’ils ne possèdent pas. Cette pratique s’appelle la vente à découvert ou short selling. Le principe ? Un investisseur vend à un prix et à une date déterminée un titre qu’il ne détient pas en portefeuille. Spéculant à la baisse, il espère gagner de l’argent sur la différence entre le prix de vente de ce même titre et le prix de rachat au moment de la livraison. Pour lutter contre cette forme de spéculation, certains régulateurs ont interdit les ventes à découvert à nu sur les titres souverains, notamment la Bafin en Allemagne pour le Bund allemand. La seconde technique consiste à jouer sur le marché des Credit Default Swap (CDS). Le CDS est un produit dérivé permettant de s’assurer contre le risque de défaut de paiement d’un Etat ou d’une entreprise. Plus le risque s’accroît, plus le prix du CDS augmente. Les CDS permettent donc à un investisseur d’alimenter indirectement la panique sur les marchés. Comment ? En pariant sur une hausse de la valeur des CDS sans pour autant avoir l’obligation à couvrir en portefeuille. Le 10 janvier dernier, le prix des CDS à dix ans sur la dette belge a atteint un prix record de 245 points de base. La plupart des autorités publiques sont d’avis que la transparence de ce marché est loin d’être satisfaisante et craignent que les prix soient manipulés.
|
Egalement dans le n°269
Éric Tamigneaux vient de recevoir le prix ACFAS Denise-Barbeau
D'un slogan à l'autre
Résultats de l'enquête auprès de "primo-arrivants" en faculté des Sciences
21 questions que se posent les Belges
Le nouveau programme fait la part belle à l’histoire de la cité
Panorama des jobs d'étudiants
|