Avril 2011 /203
La chaufferie du Sart-Tilman passe au vert
CogénérationLa cogénération est connue comme étant l’une des techniques les plus efficaces énergétiquement pour l’exploitation des énergies fossiles et renouvelables. Son principe est le suivant. L’installation est constituée d’une énorme chaudière alimentée en chaleur par un four à granulés de bois (pellets). Cette chaudière produit de la vapeur qui fait tourner deux turbines, produisant ainsi de l’électricité pour la consommation propre de l’Université. La chaleur de la vapeur est ensuite injectée via un échangeur dans le réseau de chaleur qui court le long de 24 km, sur toute la colline. Ces canaux alimentent la plus grande partie des bâtiments du domaine universitaire et le CHU. Cette nouvelle centrale, fruit d’un investissement total de 9 millions d’euros, est l’une des plus importantes installée par un pouvoir public en Wallonie. Elle permettra à l’Université, actuellement soumise au régime des quotas de CO2 imposés par la Région wallonne, de réduire fortement ses émissions dans l’atmosphère. « De 14 500 tonnes, nos émissions annuelles devraient passer à 5000 », espère Christian Evens. L’installation offrira également une diversification des sources d’énergie puisque le four peut brûler d’autres formes de biomasse. L’ULg limitera de cette façon son recours aux énergies fossiles et se prémunira contre les éventuelles hausses de prix. « Grâce à cette installation, nous comptons économiser sur le prix de l’énergie et bénéficier des certificats verts délivrés si l’on démontre que nous avons diminué nos émissions de CO2. » Si tout se passe bien, l’investissement amorcé par Cofely devrait être remboursé en moins de dix ans. Ressources naturelles renouvelablesUne étude du Pr Jacques Rondeux pourrait aussi permettre à l’Université de valoriser le massif forestier couvrant les 570 ha que constitue le domaine du Sart-Tilman. Une partie de l’espace boisé (200 ha) subirait des opérations sylvicoles permettant de fournir du bois destiné à la production de chaleur. Des plantations relevant de taillis à courte rotation (TCR) sont également envisagées à titre expérimental. Même si la production devrait rester symbolique par rapport au besoin du campus, la valeur didactique de ces actions serait évidente puisqu’elles montreraient comment accroître la biomasse végétale renouvelable et contribueraient ainsi à diminuer la dépendance par rapport aux énergies fossile. En optant pour la biomasse et la cogénération, l’ULg entend souligner le critère du “respect de l’environnement” qu’elle a adopté pour ses projets de construction ou de rénovation de bâtiments. La nouvelle chaufferie arrive à satisfaire 70 % des besoins annuels en chaleur pour les bâtiments du campus du Sart-Tilman, CHU compris, et 30 % des besoins de l’ULg en électricité. Le reste est assuré par le gaz naturel. « Le problème de la cogénération est qu’elle produit une quantité constante d’électricité toute l’année pour assurer sa rentabilité, nuance le directeur de l’ARI. Elle ne peut pas augmenter sa production en fonction des conditions climatiques et le gaz sert à assumer les pointes quand la température descend trop bas. »
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