Avril 2011 /203
L’empreinte du satellite Encelade sur SaturneOn les espérait depuis plusieurs années. La sonde spatiale Cassini les a observées ! Les empreintes aurorales du satellite Encelade sur le géant Saturne feront bientôt la couverture de Nature. Trois chercheurs du laboratoire de physique atmosphérique et planétaire (LPAP) de l’ULg ont participé à cette aventure : le Pr Jean-Claude Gérard ainsi que les chercheurs Denis Grodent et Jacques Gustin. AuroresCes traînées lumineuses observées aux pôles de Saturne, à côté de ses aurores propres, sont la signature visible de l’interaction électromagnétique qui unit le satellite à sa planète. Si les empreintes d’Encelade sont visibles dans l’atmosphère de Saturne, c’est pourtant du côté du satellite qu’il faut chercher le mécanisme physique qui en est la cause. Ces aurores sont en effet initiées par le cryovolcanisme d’Encelade, comme l’explique l’astronome Denis Grodent : « Le volumineux Saturne impose à son satellite d’importants effets de marée qui induisent un réchauffement des poches d’eau situées sous la surface de ce dernier. L’eau liquide ainsi chauffée peut s’acheminer jusqu’à la surface à travers les nombreuses failles qui la parcourent. Elle est alors projetée violemment vers l’extérieur, provoquant des geysers capables d’éjecter jusqu’à 300 kg d’eau par seconde à une altitude de 1000 à 1500 km. Cette distance représente plusieurs fois le diamètre d’Encelade qui est de 500 km. » Ces résultats à paraître dans Nature ne sont cependant pas les premières images d’empreintes aurorales d’un satellite sur sa planète : une grande campagne d’observation du télescope spatial Hubble en 2007 a permis à Io, satellite de Jupiter, de ravir cette première place. En 2009, c’est Ganymède, un autre satellite de Jupiter, qui révèle son image magnétique aux pôles joviens, toujours sous l’œil toujours attentif de Hubble. Et maintenant, c’est au tour d’Encelade, premier satellite de Saturne à dévoiler sa lumineuse empreinte sur sa planète. Au tour de JupiterLa mission Cassini va jouer les prolongations jusqu’en 2017, offrant à l’équipe liégeoise du LPAP une nouvelle campagne d’observations de la géante aux anneaux qui démarrera dans les prochains mois. Signalons également le lancement en août prochain du satellite Juno auquel sont associés le Centre spatial de Liège et le LPAP. Juno sera le premier instrument à observer les pôles de Jupiter, laissant présager de belles images aurorales semblables à celles de Saturne renvoyées par Cassini. On le voit, les observations d’aurores sur les géants Jupiter et Saturne ont encore de longues années devant elles.
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