Mars 2012 /212
Etudier et prévenir le stress du cheval
Cortisol salivaireA défaut de pouvoir interroger directement l’animal, reste à se baser sur des indices mesurables régulièrement associés au stress : des variables physiologiques (dosage d’hormones, mesure des fréquences cardiaque et respiratoire), ainsi que comportementales. « En situation de stress, la réaction du cheval est à la fois comportementale – l’attaque, l’évitement ou la fuite – et physiologique avec, par exemple, une augmentation de la fréquence cardiaque ou de la concentration de certaines hormones. Nous savons qu’à la vue d’un élément stressant, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien est stimulé et provoque une sécrétion accrue de diverses hormones dont le cortisol. Cette augmentation est observée tant chez l’homme que chez le cheval. » Une partie du cortisol quitte les vaisseaux sanguins et se retrouve dans la salive. « Ce cortisol salivaire, qui augmente d’un facteur 10 dans la salive pour un facteur 1 dans le sang, renseigne précisément sur le timing et l’intensité du stress. Par ailleurs, il est plus facile, notamment lors d’une compétition, d’effectuer un prélèvement de salive totalement indolore,que de conserver des échantillons sanguins. »
Anticiper pour protégerLors de l’hospitalisation d’un cheval, quels sont les comportements associés au stress qui peuvent entraîner des problèmes lors des manipulations vétérinaires ? Pendant deux ans, Marie Peeters a suivi 93 jeunes étalons pour tenter de répondre à cette question. Elle les a observés lors d’examens vétérinaires réalisés dans le cadre d’une expertise. « Le transport, les prises de sang, les examens endoscopiques, radiologiques et locomoteurs sont autant d’occasions d’observer des comportements non désirables pouvant être associés à un état de stress et qui rendent les manipulations plus périlleuses : mouvements de tête, tapes du pied, etc. » Parallèlement, l’évaluation du tempérament du cheval à son arrivée en clinique (est-il plutôt timide, anxieux, sociable, mal éduqué, etc. ?) permettrait de prédire d’éventuelles difficultés lors des interventions et d’anticiper les accidents. « De manière générale, l’étude du stress chez le cheval, couplée à l’étude du tempérament, a vocation anticipative : elle contribue à l’amélioration du bienêtre du cheval, du propriétaire et du personnel soignant. » Prévenir, c’est guérir. Patrick Camal Article complet sur le site www.reflexions.ulg.ac.be (rubrique vivant/Médecine vétérinaire).
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