Mai 2012 /214
Quand l’art descend dans la rue
« Rencontre inédite et souvent fortuite entre le citoyen et l’artiste, estime Paul-Emile Mottard, député provincial en charge de la Culture, occasion privilégiée de médiation, l’art public constitue l’un des axes forts de la politique culturelle menée par la province de Liège. » L’idée est de montrer l’art contemporain autrement, loin des lieux institutionnels ou muséaux, des centres d’art ou des galeries car la rencontre avec le public est alors différente. Au fil des sculptures monumentales, entre ruelles et cours cachées, cette exposition d’art public invite donc les badauds à une (re)découverte plutôt surprenante du centre-ville. « L’espace public permet une relation particulière entre ses usagers et les oeuvres qui s’y intègrent ou s’y imposent, explique Pierre Henrion, conservateur adjoint du Musée en plein air du Sart-Tilman et auteur d’un des textes du catalogue de l’exposition. A la différence du musée où les visiteurs le plus souvent avertis, surtout en ce qui concerne les pratiques contemporaines, se trouvent conditionnés par le contexte même de présentation, ce type de manifestation travaille – pour reprendre une terminologie courante en matière d’art environnemental – directement avec l’ensemble de la cité dans toute sa complexité, toute sa diversité. » L’art à tous et pour tous, un credo que le service Culture s’efforce de mettre en pratique depuis 2002 et que Caroline Coste tient à préciser : « Outre le matériau utilisé pour les oeuvres, le gonflable, qui sera détourné ici de son usage publicitaire pour interroger la définition même de la sculpture et sa dimension habituellement pérenne dans l’espace public, ce qui différencie “Openairs” des autres éditions, c’est surtout sa situation géographique en plein coeur du centre historique liégeois, une véritable occasion de valoriser le patrimoine culturel de la Cité ardente. Il faut également souligner la présence d’artistes de renommée internationale. » On reconnaît Orlan, Claude Lévêque, Peter Kogler et des artistes plus jeunes comme Audrey Frugier, Sophie Giraux et Frédéric Platéus placés sous la houlette artistique de Johan Muyle. Ce dernier propage sur “Openairs” sa griffe unique, ludique et interpellante, mais aussi, notamment comme le souligne Caroline Coste, « y met tout son savoir faire et ses connaissances du monde artistique, un apport plus qu’indéniable ». Tantôt merveilleuses ou tout simplement curieuses, tantôt étonnantes voire déconcertantes, les oeuvres présentées par l’exposition abordent des questions qui transcendent le lieu où elles ont été intégrées. Car, finalement, stimuler la réflexion, provoquer le questionnement, n’est-ce point là une des vocations fondamentales de l’art actuel ? Martha Regueiro * Catalogue Openairs publié aux éditions Yellow Now.
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