Septembre 2012 /216
Un étudiant québécois interprète les plus grandes oeuvres chorales
Le 15e jour du mois : Comment as-tu atterri en 1er bachelier de médecine à Liège ? Pierre-Luc Tremblay : Je ne pouvais pas entrer dans une fac québécoise parce que je venais d’études de chant au conservatoire où les notes, plus subjectives, ne dépassent jamais les 90%. Or, dans notre système, pour pouvoir être admis en médecine, il me fallait une cote globale qui les dépasse. Malgré ma passion pour le chant, j’avais décidé de ne pas en faire mon métier car je n’étais pas prêt à consentir les sacrifices nécessaires pour essayer de percer dans ce milieu déjà difficile. Et puis l’envie de travailler concrètement au service de la communauté m’animait aussi. J’ai finalement été pris sur le campus bruxellois de l’UCL et à Liège, et j’ai choisi cette ville afin de vivre une expérience différente que celle d’une métropole comme Montréal. Le 15e jour : Etre engagé comme soliste dès la première année d’études, n’est-ce pas exceptionnel ? P-L.T. : C’est génial, je n’avais jamais imaginé l’être aussi vite ! Comme il était plus facile d’exercer ma passion du chant en tant que choriste plutôt qu’en tant que soliste, j’avais directement tapé les mots “choeur” et “Liège” sur internet. J’ai donc eu le plaisir d’intégrer le Choeur universitaire de septembre à décembre avant d’être amené à remplacer une première fois le soliste précédent au mois de décembre, pour interpréter l’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach. J’ai ensuite été officiellement engagé à partir du concert d’avril à l’église Saint-Jacques pour la Messe du couronnement de Mozart et les Coronation Anthems de Haendel. Le 15e jour : Pour la majorité de ceux qui fréquentent les amphis, amateurs de musique pop, tout ça n’est pas très “sexy”. P-L.T. : C’est pareil au Québec. Mais c’est surtout parce que l’on n’est pas mis en contact avec la musique classique lorsqu’on est jeune. Et beaucoup pensent à tort qu’il s’agit d’être initié pour l’aimer. Sans compter le préjugé comme quoi c’est une musique savante dont il faut savoir lire les partitions. Mais, à l’époque de Mozart, c’était la musique du peuple et peu connaissaient le solfège. Puis, la musique est suffisamment large. De Bach, né en 1675 jusqu’à Stravinsky au début du XXe siècle, il existe une multitude de styles très différents que l’on est susceptibles d’apprécier. Le 15e jour : Quelles sont les pièces classiques que tu aimes le plus ? P-L.T. : Il faut savoir que, au théâtre musical lorsque j’étais en secondaire, j’ai interprété le personnage de Johnny Rockfort lorsque nous avions monté Starmania. Et niveau pop, j’aime beaucoup Coldplay. Mais j’adore les opéras de Mozart ou les concertos pour piano et les Suites pour violoncelle seul de Bach. Ces dernières et le Clavier bien tempéré, toujours de Bach, sont pour moi les seules musiques vraiment géniales pour étudier. Fabrice Terlonge
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