Novembre 2012 /218
4e édition du 3D Stereo MediaLa prophétie annoncée par quelques fidèles ne s’est pas réalisée. La 3D n’est pas devenue ce monstre hégémonique des salles obscures qui devait rendre totalement désuets les films en 2D et envahir chaque petite parcelle de foyer dotée d’un téléviseur. « Pas encore », dirait certainement Jacques Verly, professeur à l’Institut Montefiore, immergé dans les profondeurs de la 3D depuis 1984, lorsqu’il était chercheur au MIT. Si la déferlante de films stéréoscopiques – dopée par l’excitation générale qui a suivi la sortie du messianique Avatar de James Cameron – s’est rapidement essoufflée, « faute de suffisamment de contenus de qualité », et si certains annoncent déjà sa disparition des petits et grands écrans, le relief au cinéma (et à la maison) n’a cependant pas dit son dernier mot. « Le cinéma en 2D n’est qu’un accident historique », ose d’ailleurs le Pr Jacques Verly qui, pour la quatrième année consécutive, organise le congrès 3D Stereo Media, un symposium d’envergure internationale imaginé entre les murs de l’Institut Montefiore. Une assertion – que l’on vérifiera au mieux au siècle prochain – qu’il avoue inspirée du Californien Ray Zone, pionnier de la 3D stéréoscopique, présent lors de la dernière édition de ce rendez-vous à la croisée de la science, de la technologie et de l’art. Le son démultiplié
En guise de soirée de clôture de cette mini-semaine de la 3D : une soirée de gala à la mode red carpet et step and repeat pour encadrer le désormais traditionnel festival du film 3D (« une soixantaine de films 3D ont été soumis à notre évaluation ») présidé par le réalisateur belge Ben Stassen – Fly me to the moon, Les aventures de Sami –, lequel se doublera cette année d’une compétition aux accents plus hollywoodiens. L’International 3D society (I3DS), association implantée dans la capitale américaine du cinéma, a en effet choisi la cité principautaire comme point de chute européen pour y décerner ses statuettes Lumière, « récompenses qui célèbrent une production 3D (cinéma, broadcast ou jeu vidéo) européenne, moyen-orientale ou nord-africaine de l’année écoulée. La statuette avec laquelle repartira chaque lauréat sera identique à celle que Scorsese s’est vu remettre pour son film Hugo Cabret », glisse fièrement le cofondateur et coorganisateur de l’événement. Analyse de la technique Du côté de l’Institut Montefiore, sans doute inspiré par cette litanie de films 3D en compétition qu’il s’agit d’évaluer, on espère à l’avenir apporter une expertise et des solutions en matière de stéréographie. « L’idée serait de mettre au point une boîte noire, truffée d’algorithmes de traitement de signal et d’image, qui puisse analyser automatiquement la qualité technique d’un film 3D et avertir l’opérateur qui l’utilise lorsque le film sort des zones de confort définies par des règles mathématiques correspondant à des contraintes physiologiques ; il arrive qu’en violant ces règles, un réalisateur provoque un inconfort physique chez le spectateur. Un tel outil garantirait un verdict toujours objectif quant à la qualité technique du film – contrairement à l’être humain qui, s’il est fatigué, peut passer à côté de certaines imperfections», conclut le Pr Verly. Liège semble en tout cas disposer des ressources pour devenir la “3D Valley européenne” qu’il se plaît à imaginer. Un film de promotion sera d’ailleurs dévoilé lors du congrès. Michael Oliveira Magalhaes
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