Décembre 2012 /219
Un bannissement peut-être un peu sévère
Des alternatives difficilesDe là à la boycotter aveuglément, il y a un pas. Dans le cadre du projet européen “Nutrisens” (Interreg IV), les deux expertes se sont lancées dans une étude située au carrefour d’une multitude de disciplines : technologie, nutrition, socio-économie, sécurité alimentaire, qualité sensorielle, etc. Il s’agissait, en fait, de répondre aux inquiétudes des entreprises agroalimentaires, brutalement confrontées aux exigences de la distribution, désireuses de se passer de l’huile de palme suite aux pressions des consommateurs. Mais par quoi la remplacer ? Les autres huiles végétales (soja, colza, tournesol) ont des propriétés technologiques différentes, qui peuvent sensiblement modifier les caractéristiques des produits finis. Leur culture, si elle devait se multiplier à grande échelle, présenterait elle aussi de gros inconvénients environnementaux. Et puis certains substituts (les graisses animales) ne résoudraient rien en termes nutritionnels. Enfin, le consommateur, de toute façon, ne veut plus entendre parler des matières grasses végétales hydrogénées, sources d’acides gras trans. La conclusion s’impose : l’huile de palme, présente aujourd’hui dans un produit transformé sur deux, n’est pas près de disparaître des étals. S’il est possible – et même recommandé sur le plan médical – d’en réduire sensiblement sa consommation personnelle, cet effort doit en réalité porter sur toutes les matières grasses. Cela passe par une modification drastique de nos habitudes de fabrication et de consommation : produits moins transformés, moins gras, moins riches en graisses saturées. Une huile labelliséeMais, avec un tel constat, on n’a pas avancé d’un pouce sur le plan environnemental… C’est la raison pour laquelle, après examen approfondi de la question, Marianne Sindic et Sophie Delacharlerie proposent aux consommateurs et aux distributeurs de s’intéresser davantage à l’huile de palme certifiée durable, qui semble être la seule vraie voie de solution à ce point de vue. Son nom : la Certified Sustainable Palm Oil (CSPO). Lancée initialement par des ONG comme le WWF et Oxfam, elle repose sur le respect de huit principes et 39 critères socio-environnementaux. Les deux chercheuses ne sont cependant pas naïves. D’abord, critiqués par certaines ONG, ces principes et critères, en débat perpétuel, sont loin d’être parfaits. Ensuite, la CSPO est encore marginale à l’échelle planétaire, couvrant à peine 4 à 5% de la production mondiale. Enfin, l’utilisation du label, soumis à différents niveaux d’exigence, n’échappe pas au phénomène du greenwashing. L’étude gembloutoise ne se limite pas à cette proposition. Elle a aussi mis en évidence le peu de fondement scientifique des connaissances du consommateur sur l’huile de palme et, tout particulièrement, le manque de notoriété de la CSPO. Un seul exemple : au sein d’un groupe de 35 personnes à profil scientifique, seules deux affirmaient la connaître et… aucune n’a reconnu le logo correspondant. Du pain sur la planche pour les distributeurs motivés… Philippe Lamotte Article complet sur le site www.reflexions.ulg.ac.be (rubrique Vivant/agronomie)
|
Egalement dans le n°269
Éric Tamigneaux vient de recevoir le prix ACFAS Denise-Barbeau
D'un slogan à l'autre
Résultats de l'enquête auprès de "primo-arrivants" en faculté des Sciences
21 questions que se posent les Belges
Le nouveau programme fait la part belle à l’histoire de la cité
Panorama des jobs d'étudiants
|